L'Évangile selon Jacques Lucas de Cyrille Audebert

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Temps de lecture : ~5H
Nombre de pages : 292 pages
Genre : Enquête / Social / Thriller
Maison d’édition : Auto-édité

Critique :

L’Évangile selon Jacques Lucas. 



[TW : meurtres violents, racisme, viol, sexualité, drame familial, PTSD, traumatisme] 


Quand j'ai reçu cette demande de service de presse, un premier mot m'est venue à l'esprit. "Évangile?" 
Je ne suis pas du tout branchée par les sujets religieux et au premier abord, j'étais un peu réticente. Finalement, comme pour beaucoup de lectures que j'aborde, les apparences sont encore une fois vraiment trompeuse. Ce livre n'a aucun rapport avec la religion. La description m'avait bien tentée, et voilà que ma lecture commençait.

 

Un passé qui refait surface...

David est un peintre dont la vie c'est enfin stabilisée. Après un passé très compliqué, des rapports familiaux plus qu'instable, il a pris son envol et grâce a un coup de chance et son talent pour la peinture, il a pu se permettre de s'offrir un petit cocon, dans une résidence assez calme, où en plus d'un appartement, il profitait d'un grand studio ou il pouvait recevoir les femmes qui posaient pour ses peintures. Avec un caractère un peu compliqué, parfois névrosé, souvent perturbé par la gente féminine, il éprouve néanmoins un amour fou pour cette femme, Mélodie. A la peau dorée, soyeuse, aux formes divines, sa déesse lui demande un jour de prendre part a sa vie. Et évidemment, il accepte et réalise qu'il va enfin vivre une idylle parfaite. Enfin, ça aurait été son souhait. Mais il y-avait une "ombre" au tableau comme le dit si bien l'auteur. 

L'Ombre, cette mystérieuse figure nocturne qui tue depuis plusieurs mois maintenant dans cette ville. Les corps s'enchainent, la police ne trouve rien. A chaque victime, le même procédé opératoire : une personne d'origine maghrébine, sans domicile fixe, morte. De multiples entailles et coups sur tout l'abdomen, de l'ail, mais aucune trace de défense. Des crimes qui s'enchainaient, mais une population qui présentait son contentement. L'Ombre ne visait que les personnes magrébines et ça rassurait les gens. Mais pas David, qui ne supportait plus ce racisme naissant autour de lui, d'autant plus que la belle Mélodie était bien concernée par ce problème elle aussi.  

Puis un matin, alors que l'Ombre avait encore frappé, David rentrait chez lui. Ce chez lui qui allait bientôt devenir la scène d'un crime encore une fois perpétué. La peur l'envahissait, la peur de retrouver la personne qu'il aime arrachée de ses bras. Les souvenirs du passé resurgissaient en lui. Quelqu'un cherchait a lui attirer des ennuis. Ou bien était-il lui même tourmenté et victime de son propre jeu

Au début, j'ai eu beaucoup de mal a cerner l'écriture de ce livre. L'auteur joue pas mal avec ses personnages, leurs sentiments, leurs interattractions et cela dès le début du récit. Dans un premier temps, ne connaissant pas encore bien le protagoniste (dont le caractère est assez complexe en plus), j'ai eu du mal a me plonger dans cette lecture. On s'immerge directement dans la vie de David Huxley et il m'aura fallu quelques pages pour apprécier le personnage. Une fois cette phase passée, je n'ai plus su décrocher mon bouquin. J'avais envie d'avoir le fin mot de l'histoire, de mieux comprendre tout ce qui se tramait. Je m'étais vraiment attachée au personnage de David

J'ai passé un bon moment et surtout, je n'ai pas vu les heures passées ce qui est un très bon signe pour moi. L'intrigue était vraiment bien réalisée, j'ai apprécié aussi la façon dont l'auteur déposait par-ci par-là des indices, qui nous menaient tantôt à la bonne déduction, tantôt à la mauvaise. Je pensais être sûre de moi tout le long du roman, puis finalement les dernières pages ont été une succession de rebondissement pour moi. Non seulement l'intrigue est très bien travaillée, mais en plus les touches d'humour viennent apporter un peu de légèreté à cette histoire ce qui rend l'ensemble vraiment très agréable à lire

Cependant, malgré cette exécution presque parfaite, je pense que cela aurait été intéressant d'explorer un peu plus le passif de certains personnages secondaires par moment plutôt que leurs plastiques pour peut-être mieux comprendre leurs réactions. C'est le seul point qui m'aura laissé un peu sur ma faim. Mais cela n'a rien changé au fait que j'ai beaucoup aimé cette lecture et adoré la plume de l'auteur que j'ai trouvé très originale.

Conclusion

Une écriture originale, qui vient déposer quelques sourires entre deux indices qui vous feront réfléchir. Le mélange est habilement réalisé et pour ça, j'ai adoré ce récit.


Je donne à ce roman un 15/20, une belle découverte qui me donne envie de lire plus d’œuvres de Cyrille Audebert.


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